REMARQUES EN VRAC

Vous etes ici dans le fourre-tout de Love Hina Story. Cet espace de libre-expression (pour moi, lol) est celui ou je regrouperai tout ce qui est inclassable ou qui n'est pas assez important en terme de longueur pour qu'il y soit consacré une partie à part entière. On y trouve donc des réflexions émises par moi-même sur la série ou ce qui y touche, ainsi que des infos plus ou moins utiles. Bien sûr vos réactions sont les bienvenues.

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La réussite : la condition du bonheur ?

L'image idéale de la réussite, véhiculée un peu partout à travers le sport et la scolarité, puis par la réussite sentimentale et professionnelle est omniprésente à l'écran comme dans le discours de nos parents et professeurs depuis trop longtemps à mon goût.

A ce sujet j'ai lu un article intéressant. Cette citation est de Michael Stora, jeune psychanalyste de 37 ans, qui résume très bien mon cas, et me rassure sur le fait que je suis pas tout seul : "Il y a une tyrannie des images qui nous confrontent à des idéaux qu'on ne pourra jamais atteindre. Je rencontre de plus en plus de "pathologies de l'idéal", des gens qui souffrent de ne pouvoir atteindre un bien-être sexuel total, une performance professionnelle à toute épreuve, une réussite exemplaire dans les études"…

Par contre il ne dit pas comment on peut se soigner. J'imagine que c'est à chacun de trouver ses réponses, mais un petit coup de main ne ferait pas de mal. En effet on sait tous qu'il faut voir la réalité en face. Mais ce n'est pas forcément simple quand on a été abreuvé durant toute sa croissance et son évolution intellectuelle, d'images ventant la réussite des uns, et le bonheur qui en découle systématiquement, le tout selon l'idéologie du succès. C'est ce lien de cause à effet : " réussite => bonheur " qui nous fait penser que l'on ne peut être que malheureux si l'on ne réussit parfaitement tout ce que l'on entreprend.

Ken Akamatsu utilise ce même principe dans son manga mais il le démonte. Pour Keitaro, réussir le concours d'entrée à Todai correspond à trouver le bonheur puisque la fille de son enfance l'y attend. L'originalité de Love Hina réside dans le fait que contrairement à un héros au sens américain du terme, le héros ne fait qu'échouer. De plus l'auteur dédramatise la situation grâce à un humour omniprésent qui nous fait relativiser l'importance de l'objectif du héros. Enfin, au cours de ses aventures, Keitaro trouve le bonheur en dehors de la réussite aux examens puisque d'une part il s'amuse comme un fou à la résidence et que d'autre part il y rencontre le grand amour : Naru. C'est cet espoir de bonheur et cette dédramatisation de la pression due à l'obligation de réussite, qui rendent Love Hina si plaisant, et si libérateur. Une véritable thérapie pour ceux que les échecs successifs (ou que la simple peur d'échouer) empêche d'être sereins et de continuer à croire en ce putain de bonheur, que l'on cherche tous.

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Episode 24 : Le liddo-kun

Alors que l'on approche de la fin il y a comme un air de déjà vu (cf épisode 4) : Tout le monde est à la recherche de Keitaro mais une seule personne le connaît assez, et est suffisamment sensible, pour deviner ou il se trouve : Naru. Bien qu'elle ne soit pas la fille de la promesse elle sent que là ou il a pu fuir est le bac à sable ou ils jouaient étant petits. C'est là que quelque chose m'interpelle : arrivée là elle commence par voir un Liddo-kun de sable de grande taille qu'elle fracasse d'un coup de poing. Derrière se trouve Keitaro qui se tourne alors vers elle. Leur dialogue final commence ce qui va débloquer la situation entre eux deux.

Ce qui m'avait échappé était la raison de la présence de ce Liddo-Kun et j'ai enfin compris (Euréka !). Durant tout l'épisode Keitaro et Naru n'osent se parler l'un à l'autre car quelque chose les sépare. Naru justifie sa fuite en évoquant la promesse que Keitaro a faite il y a si longtemps à Mutsumi. Le considérant comme lié indubitablement à cette fille, elle se dit qu'elle n'a aucun chance avec lui. De son côté Keitaro vit avec celle qui (croit-il) est la fillette à qui il a promis d'aller à Todaï : Mutsumi. Mais il est clair comme de l'eau de roche que c'est de Naru dont il est amoureux, et que finalement cette promesse faite à Mutsumi est un obstacle qui l'empêche de trouver le bonheur avec Naru. Résultat : s'il n'y avait cette promesse qui les séparent leur histoire se poursuivrait. Et pan : voici l'explication de la scène citée plus haut : Le Liddo-kun est, depuis le début de la série, le symbole de cette promesse, car il appartenait à celle à qui elle avait été faite.

Cette scène a un sens : Naru a décidé, sur les conseils de Kitsune et de Mei, de faire fi du passé et d'écouter ses sentiments. Et d'après vous comment symboliser dans cet épisode que Naru veut ignorer ce passé qui la sépare de Keitaro ? Eh bien en positionnant un Liddo-Kun (=la promesse) faisant obstacle à Keitaro et Naru (il les cache l'un à l'autre) et que l'on fait s'effondrer (et l'histoire peut se poursuivre).
Elémentaire mon cher Watson.

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Episode 2 : Les flèches

Durant cet épisode consacré à Shinobu il y a une omniprésence de flèches indiquant des directions différentes. Shinobu les suit de temps en temps, ou va à contresens. Lorsque les vieux du club du troisième âge lui conseillent une direction pour aller à la pension, elle ne suit pas leur conseil car elle voit qu'une flèche qui lui indique une autre direction. J'y ai mis le temps mais je crois avoir compris le sens de ces flèches. Lorsque Shinobu ne sait plus quoi faire, elle s'en remet à ces flèches qu'elle suit sans se poser de questions. Mais quand elle a une idée en tête elle n'hésite pas à faire fi de leurs indications pour aller là ou elle veut. Exemple : quand elle se rend à la pension Hinata pour rendre son carnet à elle se dirige à contresens.

Ce qui m'a mis la puce à l'oreille est la fabuleuse scène finale ou elle se rend compte, en levant les yeux au ciel, que de très nombreuses flèches lui proposent de multiples directions. Elle n'a donc jamais qu'un seul choix. Si avant elle se contentait de suivre la première direction qui s'imposait à elle c'est parce qu'elle ne croyait pas avoir le choix. En effet elle avait trop l'habitude de voir ses parents choisir pour elle et leur était du coup soumise. Mais il apparaît clairement que la décision de déménager qui lui imposée, ne la rend pas du tout heureuse. Le sujet de l'épisode est justement de dire qu'il ne faut laisser personne décider pour nous, car nous seuls savons ce qui ferait notre bonheur. Keitaro l'a fait comprendre à Shinobu et c'est ainsi qu'elle a pris sa première grande décision : ne rester avec aucun de ses parents (et donc ne pas avoir choisir), et rester à Tokyo pour vivre à la pension Hinata.

Ces flèches, toute cette signalétique urbaine officielle, symbolise donc toutes les directives que l'on veut nous imposer, et qui sont prises sans notre approbation. Mais c'est à nous de définir nos propres flèches et de suivre celles que nous préférons.